Sophrologie et défis sportifs

Le Vendée Globe est l’aventure d’une vie pour de nombreux marins, synonyme d’une longue préparation, notamment du point de vue mental: sophrologie, autohypnose, immersion avec le Raid… Comment les skippeurs se préparent mentalement à la course

Le skipper Louis Burton a beaucoup travaillé la dimension mentale lors de sa préparation pour son quatrième Vendée Globe. (Benjamin Sellier – Wind4production)

Le Vendée Globe : l’Everest des Mers

Dans le monde de la voile, le Vendée Globe est souvent surnommé l’Everest des mers. La comparaison est loin d’être anodine. Du point de vue mental, ce tour du monde à la voile, en solitaire, sans escale ni assistance est un exploit hors norme, qui mène près d’un skippeur sur deux à l’abandon lors de chaque édition. « Le Vendée Globe est la course qui demande la meilleure capacité mentale. Sans forfanterie, c’est l’un des exercices les plus difficiles sportivement. Ce n’est pas pour rien qu’elle a lieu tous les quatre ans, car cela peut broyer des marins », reconnaît Jérémie Beyou, au départ de son cinquième Vendée Globe. « Il n’y a rien de plus extrême que le Vendée Globe. L’océan est l’endroit le plus hostile à l’homme. Et il n’y a rien d’autre qui demande à un homme ou une femme d’être aussi loin, aussi seul, aussi longtemps », appuie le skippeur Eric Bellion.Pour se préparer à un tel défi personnel, les skippeurs ont tous des méthodes différentes…

Sophrologie et visualisation

Pour être prête pour « la plus grande aventure » de sa vie, Violette Dorange, « travaille à fond » ce domaine : « Je travaille sur ce sujet depuis mes débuts en voile, à huit ans, toujours avec la même personne. À l’époque, c’était déjà un atout car j’étais la seule à en faire », témoigne la navigatrice de 23 ans, benjamine de cette édition. Au programme pour la skippeuse de Devenir : exercices de sophrologie et de visualisation, échanges autour des émotions et apprentissage de la gestion du temps. « Je fais des cycles de trois mois (la durée moyenne pour boucler la course) afin de voir à quelle vitesse passe le temps, pour me rassurer », résume celle dont l’objectif est de boucler ce tour du monde. « Il y a la gestion du stress, de l’inconnu, de l’ennui en mer ou des peurs, pour analyser ce que je ressens et apprendre à dédramatiser. »Violette Dorange, skippeuse de Devenir

La skippeuse française Violette Dorange navigue sur son monocoque Imoca Devenir, au large de Lorient (Morbihan), le 23 avril 2024. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)
La skippeuse française Violette Dorange navigue sur son monocoque Imoca Devenir, au large de Lorient (Morbihan), le 23 avril 2024. (SEBASTIEN SALOM-GOMIS / AFP)

Gestion du stress et des émotions

Comme Jérémie Beyou, Charlie Dalin, deuxième du dernier Vendée Globe, a appris de sa première participation sur la gestion des émotions « exacerbées » par cette course. « On peut être heureux le matin, voire euphorique car on a creusé l’écart avec les autres, et à midi, être un peu au fond du trou car on a cassé une pièce », souligne le skippeur de Macif santé prévoyance.

« Avant le Vendée Globe, je pensais être un métronome au niveau des émotions et être capable d’encaisser. Mais en fait, il t’atteint. À la différence d’autres sports, nous n’avons pas de coachs ou de supporters au bord du terrain pour nous remobiliser. »Charlie Dalin, skipper Macif santé prévoyance

Pour sa deuxième participation, Eric Bellion sait l’importance du mental : « En 2020, j’avais travaillé sur mes motivations à participer. Je ne voulais pas avoir quelque chose à prouver à quelqu’un. Aujourd’hui, je suis davantage porté sur l’aspect compétition, sur le fait de m’assumer en tant que compétiteur. On a aussi préparé tous les scénarios possibles pour réagir au mieux aux coups durs », confie le skippeur de Stand as one. « Peut-être que les situations n’auront rien à voir avec ce qu’on aura préparé, mais il aura les clés pour garder son sang-froid et trouver les solutions à partir des sujets que l’on aura déjà abordés ensemble », précise Gérard Vaillant, son coach mental, qui a augmenté le rythme des séances à mesure que le départ approchait. 

Ce travail repose sur des discussions et l’expression de ses émotions, mais aussi sur de la cohérence cardiaque pour gérer le stress et de l’autohypnose. « Il n’y a pas forcément un programme défini, mais plutôt un accompagnement en fonction de leurs besoins et de leurs sentiments du jour », décrit le spécialiste, qui suit également Jérémie Beyou.

Extraits de l’Article d’Apolline Merle -envoyée spéciale aux Sables d’Olonne (Vendée) – France Télévisions – Rédaction Sport

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